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Alternative Radio

Interview Renaud Garcia-Fons

Dans le cadre d'un festival autour de la préservation des océans qui avait lieu sur la commune de Landéda les 25, 26 et 27 septembre dernier, nous (collectif informel) avons reçus le contrebassiste Renaud Garcia-Fons, Solea Garcia-Fons et Patrick Chamoiseau au chantier naval du Vilh pour un concert intimiste. Ces dernier ont interprétés un répertoire issu de l'album "Blue Maqam" sorti en 2024 et composé par Renaud Garcia-Fons. Le Matou en a profité pour lui poser quelques questions.

 

Depuis Quand avez-vous commencé à jouer de la contrebasse ?

Je suis passionné de musique depuis que je suis très jeune, j’ai commencé le piano à 5 ans, puis à 7 ans la guitare classique, je voulais absolument être musicien. J’ai fait partie de petits groupes vers 12/13 ans et à 16 ans j’ai commencé la contrebasse. En l’essayant je l’ai adopté, un vrai coup de foudre. J’ai eu l’occasion d’écouter François Rabbath ce qui m’a conforté dans ce choix.

 

Vos parents jouaient de la musique ?

Mon père était peintre. Mon frère jouait du piano mais il n’y avait pas de musiciens professionnels dans la famille.

 

D’où viennent vos influences et votre intérêt pour les musiques traditionnelles du monde ? Dans les morceaux que vous avez joué hier j’ai entendu des références très variés, musique gnawa, flamenco, musique grecque musique persane aussi.

C’est une démarche très ancienne, pratiquement dès le début de mon apprentissage musicale, j’écoutais toutes sortes de musiques en écoutant des vinyls à l’époque. ça n’était pas encore à la mode, ça fait partie de mon langage, ça m’a nourri, ça s’est traduit assez rapidement dans mon jeu dans ma recherche instrumentale, dans ma façon d’appréhender la technique de l’instrument, la composition, l’improvisation et dans la vision musicale en général. 

 

J’imagine que la richesse des rythmes traditionnelles vous ont aussi beaucoup inspirés ?

Bien-sûr l’élément rythmique est très important et je me suis nourri de toute sorte d’aspects rythmiques de toutes sortes de musiques, orientales, afro-cubaines,… 
 

Vous avez beaucoup joué en formation mais aussi en solo. Quels avantages et/ou inconvénients ?

Ce sont des disciplines différentes et complémentaires, il y a des choses qu’on peut vraiment exprimer avec suffisamment de temps et d’espace dans le solo et j’aime la liberté que cela permet mais je suis aussi compositeur donc je suis fasciné par la possibilité de jouer avec d’autres de créer des orchestrations, de créer des arrangements. J’aime également les interactions qui adviennent dans le jeu improvisé. 
 

Le fait de jouer avec Solea votre fille c’est nouveau ?

Il y a eu des bribes depuis un bon moment, elle est intervenue déjà sur trois de mes albums avant de se lancer dans ce répertoire dédié au chant donc pour ce projet « Blue Maqam » qu’on a évoqué hier, habituellement joué en quartet. Hier c’était en duo, encore une autre discipline. J’ai fait beaucoup de duo dans ma vie, j’ai joué avec avec Claire Antonini au luth, Derya Türkan au kamânche, Dorantes au piano, Jean-Louis Matinier à l’accordéon, l’échange à deux ça laisse beaucoup de liberté. Une chose importante à dire par rapport à ma démarche avec cet instrument et dans l’optique de composition c’est de pouvoir laisser une place à la contrebasse qui soit autre que son rôle le plus traditionnel. Elle a un rôle tout à fait respectable mais c’est vrai qu’on a des réflexes avec cet instrument, notamment dans le jazz où elle a un rôle bien particulier et fondamentale que j’aime beaucoup mais dans ma façon d’aborder l’instrument il y a aussi une autre dimension, j’essaye de la faire entendre dans différents types de répertoires, et différents contextes. En solo, en duo, en quartet, avec orchestre symphonique, je pense que ça résume bien ma démarche.

 

"Ma démarche avec cet instrument et dans l’optique de composition c’est de pouvoir laisser une place à la contrebasse qui soit autre que son rôle le plus traditionnel"

 

Vous utilisez des loops aussi ?

Oui dans le solo, sur certaines pièces et un peu en duo, dans le solo c’est que des loops issues des sons de ma contrebasse et dans le cadre du duo avec Solea puisque qu’on joue le répertoire du quartet c’est pour me permettre de me libérer un peu du côté accompagnement pour mieux suivre la voix et ne pas simplement venir l’appuyer.

 

Comment s’est fait l’idée de jouer avec votre fille ?

Je lui ai proposé, ça faisait un moment que j’avais envie de faire un projet avec chant et puis j’ai réalisé qu’elle était potentiellement la bonne personne puisque qu’elle a à la fois un bagage de chant lyrique et aussi de chant traditionnel. Très jeune elle à fait l’apprentissage de chanter dans différentes langues. Je lui ai demandé et elle m’a fait le plaisir d’accepter. 

 

Vous jouez souvent dans des lieux comme hier soir , qui sortent d’un contexte classique ?

Oui, je pense avoir joué dans un très grand nombre de lieux différents, salles , festivals, mais aussi des lieux atypiques comme hier soir. 

 

Vous aimez ça ?

Oui ça un certain charme comme hier, moi qui aime beaucoup la mer et les navires, c’était chouette!

 

Avez-vous le temps d’écouter de la musique ?

J’en écoute pas énormément parce que j’en fais beaucoup. J’ai besoin de laisser mes oreilles un peu au repos. Etant dans une phase de mixage et de mastering en ce moment, j’écoute surtout ce qui est lié à mon travail. En voyage je me permet d’en écouter un peu plus et j’écoute de tout, j’aime la musique persane comme Ostad Elahi, et j’aime bien me resourcer dans la musique baroque et classique.

 

Des projets futurs?

Oui, le deuxième volet de l’album Farangi avec Claire Antonini, celui-ci s’appelle «Farangi influences », car nous avons des invités. Des morceaux en duo et d’autres plus orchestrés. Le sous-titre de l’album est «du médiéval à l’orient». Trois singles sont sortis sur les plateformes et l’album sort le 29 janvier 2027 avec un concert au café de la danse à Paris le même jour. 15 morceaux pour environ une heure de musique.

 

Merci beaucoup Renaud Garcia Fons !


 

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